Politique

50 ans d'amitié franco-allemande

L'année 2013 s'annonce cruciale sur le plan des relations européennes et en particulier franco-allemandes. Un demi-siècle s'est écoulé depuis l'accolade historique entre le Chancelier de la République Fédérale d'Allemagne, Konrad Adenauer, et le Président de la République française, Charles de Gaulle, le 22 janvier 1963. Un symbole qui permit de sceller la réconciliation entre nos deux nations et d'instaurer une paix durable en Europe.

Le 16 janvier dernier, le Ciarus (auberge de jeunesse à Strasbourg) organisa une table ronde où politiques et journalistes des deux rives furent conviés, dans le but d'établir un état des lieux de cette coopération interculturelle.

Les participants étaient: Sylvie Goulard, députée européenne (ALDE), Andreas Schwab, député européen (PPE), Pierre-Yves Le Borgn', député des Français établis hors de France et président du Groupe d'amitié France-Allemagne à l'Assemblée nationale, Frank Baasner, directeur de l'Institut Franco-Allemand de Ludwigsburg (DFI), André Bord, président de la Fondation Entente Franco-Allemande (FEFA), Sebastian Henning, journaliste à Badische Zeitung. Tous ont partagé avec intérêt leur vision de l'Europe actuelle et leurs projets afin d'améliorer les échanges politiques, économiques et culturels entre la France et l'Allemagne, "locomotive" de l'Europe.

Bien que la signature du Traité de l'Elysée estompa le désintérêt mutuel dont firent preuve les deux pays à la sortie de la seconde guerre mondiale, M. Bord constate que peu de points du Traité ont été appliqués jusqu'à aujourd'hui. Il fait en revanche confiance au président socialiste de la République française fraîchement élu, François Hollande, même s'ils ont des penchants politiques opposés.

Andreas Schwab et Frank Baasner reconnaissent à l'unisson que la politique commune aux deux pays ne tient nullement compte des stéréotypes culturels. Les points de discorde des grandes questions politiques débattues devant l'Assemblée européenne ne sont plus uniquement synonyme de divergences franco-allemandes. Ils reflètent simplement différentes opinions, non bornées par des frontières nationales. L'hiatus culturel semble pourtant compliquer le dialogue entre français et allemands.

Selon M. Le Borgn', la création d'un Ministère franco-allemand serait le remède contre les incompréhensions qui règnent entre les hommes politiques des deux gouvernements, qui d'ailleurs sont issus d'une génération n'ayant pas connu la guerre. La barrière de la langue est celle à franchir en premier afin d'étendre les connaissances de la culture de l'autre. Il souhaite voir ainsi le Ministère de l'Education nationale revaloriser la langue et la culture du pays voisin à l'école pour générer une ambition professionnelle outre-Rhin chez les jeunes, principaux acteurs de l'amitié franco-allemande. Sur fond de crise économique, le chômage des moins de 25 ans atteint des taux record en Europe. M. Le Borgn' voit la réalisation d'un marché commun du travail comme un objectif primordial à mettre sur le devant de la scène.

 

Anaïs Lauvergeon

 

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