Europe

Avant que Schengen ne se referme, les portes du Parlement européen se sont ouvertes

Billet d'humeur

A fleur d’eau, comme une bulle. Une bulle de complexité, une dualité entre opacité et transparence, arène d’une démocratie paneuropéenne tout en rondeur. Le Parlement européen de Strasbourg se pose là, entre zone pavillonnaire et Wacken d’un autre temps marécageux. Entre Allée du printemps et Rue du Levant, l’Europe tend ses bras une fois par an. Mais ouvre-t-elle le cœur de ses Européens de visiteurs à la connaissance ? 17 000. C’est le nombre de curieux venus découvrir les lieux lors de la journée portes ouvertes à Strasbourg. L’Union européenne aurait-elle finalement laissé ses frontières libres d’accès ?

Une file sineuse sillonne la cour Louise Weiss inondée de soleil. Le reptile à taille humaine lézarde sagement sous la chaleur. Que se passe-t-il dans les esprits ? Quelles premières images européennes resteront gravées dans le regard de ce petit en poussette, ballon jaune et bleu en main ? Et que s’attend à trouver ce vieillard un peu perdu ?

Après un contrôle métallique déshumanisé presque semblable à ceux des aéroports, la distribution de petits papiers commence quelques mètres plus loin pour Monsieur ou Madame visiteur Lambda de l’Europe. Le drapeau étoilé constitue la première étape de cet étalage, qui finira avec les autres au fond d’un petit sac en tissu à l’effigie du groupe politique de son choix. Voire de plusieurs, puisque quand on aime on ne compte pas.

Et les visiteurs semblent déborder d’amour ce jour-là, à observer leur comportement du toujours plus dans les mains, dans les bras, autour du coup… A côté des plaquettes d’informations sur les institutions et brochures de présentation, les stylos, carnets, jeux de cartes ou encore casquettes trouvent preneurs. Les collectionneurs se sont plaisir.
Mais que retiendront-ils de cette masse d’informations à disposition ? Les représentants présents sur les stands sont davantage occupés à remplir les sacs à la chaîne qu’à échanger avec les interlocuteurs.

Bien sûr parmi les visiteurs, il y a aussi les bons élèves, les questionneurs, les pointilleux, prêts à lancer le débat. Ou à venir l’écouter. Comme celui tenu dans l’hémicycle notamment par l’eurodéputée allemande Doris Pack, présidente de la commission de la culture et de l'éducation, et des eurodéputés de la circonscription Joseph Daul, président du groupe PPE, et Catherine Trautmann, du groupe S et D.
On y discute du volontariat en Europe, mais pour atteindre le lieu du débat, il faut encore une fois serpenter, à pas de tortue, dans les couloirs occupés par les visiteurs chargés de « cadeaux ».

Si l’on peut continuer à regretter le manque de visites guidées et explicatives, on est loin de vouloir dresser un tableau morose de ces portes ouvertes. Elles ont tout de même le mérite d’exister. Après tout, en termes de fête populaire, cela semble plutôt réussi. Quitte à se laisser bercer par les airs de musique folklorique de la Roumanie, invitée comme l’Espagne ou le Portugal, à présenter ses atouts touristiques et musicaux aux détours d’un espace de restauration.

Et si les réponses ne sont pas apportées ce jour-là, on ne peut qu’espérer que la curiosité suscitée dans les dédales parlementaires invite ensuite à une réflexion européenne.

Lucie Dupin

 

Ressources complémentaires

Images :

La cour Louise Weiss du Parlement européen de Strasbourg, première étape de l'attente
La cour Louise Weiss du Parlement européen de Strasbourg, première étape de l'attente

Les collections se complètent...
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L'hémicyle clairesemé pour le débat
L'hémicyle clairesemé pour le débat

A la découverte de la Roumanie folklorique
A la découverte de la Roumanie folklorique


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