Europe

Accompagner la transition démocratique des pays du sud de la Méditerranée, un défi pour l'Union européenne

Depuis sa prise de fonction en novembre dernier, Laurent Wauquiez, ministre chargé des affaires européennes, s’attache à se déplacer à Strasbourg lors des sessions parlementaires mensuelles. La séance de mars, ponctuée par la célébration de la journée internationale des droits de la femme, mais avant tout par le printemps des peuples méditerranéens, constitue une occasion supplémentaire, pour cet européen convaincu, de souligner le rôle de la construction européenne dans la marche et les avancées vers l’égalité.

 

«L’Europe reste un aiguillon pour l’égalité homme-femme mais nous sommes parfois amnésiques par rapport aux avancées concrètes apportées par la construction européenne ». Pour Laurent Wauquiez, ces valeurs d’égalité accompagnent le projet européen depuis sa création, et c’est une lutte qui continue, notamment avec les récentes propositions de Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne, sur une meilleure représentation des femmes dans les instances dirigeantes des entreprises.

 

Accompagner la transition démocratique

 

Pour le ministre, le respect de l’égalité homme-femme et des droits de l’Homme doit être porté au cœur de la transition démocratique des pays du monde arabe. Une transition que l’Union européenne se doit d’accompagner et de soutenir avec des actions concrètes répète Laurent Wauquiez, qui esquisse les contours d’un « plan Marshall ». Tout en se gardant d’avancer un budget ou même un calendrier, il préfère en souligner l’aspect coopératif pour accompagner les bases de régimes stables, tout en répondant aux tous premiers besoins exprimés par les peuples eux-mêmes. A commencer par la formation et son accompagnement à travers un projet d’office euro-méditerranéen de la jeunesse.

 

« Une logique d’exemplarité »

 

Si le processus de transition démocratique nécessite le soutien de l’ensemble des grandes diplomaties, la situation libyenne est telle qu’« il ne peut y avoir de chantage ou de marchandage avec Mouammar Kadhafi » annonce Laurent Wauquiez. La récente enquête ouverte par la Cour Pénale Internationale après les répressions violentes des insurrections en Libye, illustrerait même pour le ministre, le fait que « la conscience internationale a fait des progrès » et « la diplomatie européenne doit même se positionner dans une logique d’exemplarité ».

Pour autant, Laurent Wauquiez qualifie de « ravageur » une éventuelle intervention militaire dans le pays, notamment au risque d’être accusé de vouloir faire main basse sur les réserves de pétrole. En revanche, « fermer le robinet financier, c’est priver le colonel Kadhafi de l’entretien de ses armées de mercenaires, celles qui le font tenir » rappelle-t-il.

Si les députés européens ont pu débattre des troubles dans le pays avec la Haute Représentante de l’Union européenne Catherine Ashton, la situation en Libye fera l’objet d’un Conseil européen extraordinaire le 11 mars prochain.

Lucie Dupin

Au sujet de la position franco-allemande dans l'Union européenne, retrouvez ici une inteview de Laurent Wauquiez

 

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