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La relance du moteur de l'Europe ?

13ème Conseil des ministres franco-allemand : la relance du « moteur » de l’Europe ?

 

Par Christa Ludwig

Illustration de Pascal Hansens

 Le 13ème Conseil des ministres franco-allemand s’est tenu le 10 décembre dernier à Freiburg-im-Breisgau (Bade-Wurtemberg). Intervenant dans un contexte de crise économique lancinante au sein de la zone Euro et sur fond de creusement de l’écart entre reprise française et reprise allemande, ce sommet bilatéral a pourtant été placé sous le signe de la relance du moteur franco-allemand… « Après la pluie, le beau temps » ?

 

Une rencontre bilatérale sur fond de trajectoires économiques divergentes 

 

Le Conseil des ministres s’est déroulé dans un contexte d’écart économique croissant entre la France et l’Allemagne : alors que l’Elysée estime à 1,5% la –timide- croissance enregistrée par la France en 2010, Berlin table sur un minimum de 3,5%. Outre-Rhin, il s’agit du taux de croissance le plus élevé depuis 1991.

 

La reprise très marquée de l’économie allemande n’est pas seulement due à la dynamisation des exportations : elle est aussi - et surtout- due à une forte reprise de la demande intérieure. L’argument souvent invoqué pour discréditer les conditions de la reprise économique allemande, qui consiste à dire que celle-ci s’est faite au profit des marchés étrangers et au détriment des ménages allemands, n’est donc plus d’actualité. En cette période d’avant-fêtes, la consommation allemande de produits de détail connaît un dynamisme réjouissant, ce que le Ministre Fédéral de l’Economie, Rainer Brüderle, a souligné publiquement (et non sans fierté) il y a quelques jours.

 

D’une manière générale, la croissance enregistrée par l’Allemagne au cours de l’année 2010 dénote par rapport à la situation économique des autres Etats membres de l’Union ; cet écart révèle que l’évolution du PIB allemand est désormais moins liée à l’activité des économies européennes voisines qu’à la demande asiatique. Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde et les 7 autres ministres qui accompagnaient le Président de la République française étaient donc dans une posture peu confortable vis-à-vis de leurs interlocuteurs allemands.

Un Conseil des ministres néanmoins placé sous le signe de l’entente politique

Malgré ce déséquilibre politico-économique, le Conseil des ministres a pris la forme d’un véritable sommet franco-allemand de la convergence. Il a permis à la Chancelière et au Président de se mettre d’accord sur un certain nombre de questions communautaires d’importance capitale, et ce en amont du Conseil Européen de Bruxelles du 16 décembre prochain. Ainsi, les deux dirigeants sont tombés d’accord sur la création et le montant du Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF), ainsi que sur le caractère non désirable de l’émission d’ «euro-obligations». En marge de ces deux questions communautaires urgentes, ils ont également évoqué des questions bilatérales, dont le dossier de la convergence fiscale entre leurs deux pays.

 

Pour l’Elysée, cette rencontre était un moyen de tranquilliser une Allemagne qui lui a reproché de ne pas prendre des positions suffisamment prononcées et dynamiques sur la question de la sortie de crise. Ainsi, dans son édition du 9 décembre, la Süddeutsche Zeitung (quotidien de centre-gauche) regrettait l'absence "d'impulsions" de Nicolas Sarkozy et s'inquiétait des silences inhabituels du président du G20.

De son côté, Berlin envisageait ce Conseil des ministres comme l’occasion d’affirmer le poids politique de l’Allemagne sur la scène européenne. Ce parti pris n’a pas été du goût de tout le monde : ainsi, Jean-Claude Junker, Président de l’Eurogroupe, a dénoncé l’attitude « anti-européenne » de l’Allemagne (en raison du refus sans appel d’Angela Merkel concernant l’émission d’ « euro-obligations »).

 

Après les turbulences, le retour du « couple franco-allemand » ?

 

Malgré le contexte politique et médiatique tendu dans lequel s’est tenu ce Conseil des ministres, Paris et Berlin ont clairement cherché à réaffirmer le rôle moteur du couple franco-allemand dans la sortie de crise. Après les divergences profondes qui ont opposé les deux capitales sur un certain nombre de questions européennes (dont celle de la solidarité financière au sein de la zone Euro), ce Conseil s’est déroulé sous le signe de la réconciliation, chacun des deux partenaires prenant très au sérieux les enjeux de cette rencontre. "L'Europe fait face à de grands défis, et les observateurs étrangers nous regardent et testent la capacité du couple franco-allemand à réagir" a ainsi déclaré Laurent Wauquiez en sa qualité de nouveau Ministre des Affaires Européennes et secrétaire général pour la coopération franco-allemande.

 

A ce titre, le rapprochement amorcé lors de ce Conseil est rassurant à deux niveaux : d’une part, il témoigne de la capacité renouvelée de la France et de l’Allemagne à dépasser leurs différences économiques pour entériner des initiatives politiques communes. D’autre part, on peut espérer que le dynamisme franco-allemand contribuera activement à la résolution de la crise du budget de l’UE. Pour l’instant, les deux capitales sont d’accord sur l’idée qu’ « il ne faut pas dépenser plus, mais dépenser mieux ». Pourquoi ne pas voir cela comme un premier pas précédant l’élaboration d’une solution franco-allemande à la crise budgétaire ?

 


 

13. Deutsch-französischer Ministerrat : die Rückkehr des Motors Europas ?

 Christa Ludwig

Karikatur : Pascal Hansens

 

Der 13. Deutsch-französische Ministerrat hat am 10. Dezember in Freiburg-im-Breisgau (Baden-Württemberg) stattgefunden. Trotz dem Kontext der quälenden Wirtschaftskrise innerhalb der Euro-Zone und dem immer breiter werdenden Graben zwischen dem französischen und dem deutschen wirtschaftlichen Wiederbeginn hat dieses bilaterale Treffen den Aufschwung des deutsch-französischen Integrationsmotors symbolisiert. „Nach dem Regen wieder der Sonnenschein“ ?

Ein bilaterales Treffen mit starken wirtschaftlichen Diskrepanzen im Hintergrund

Während Paris ein Wachstum in Höhe von 1,5% für das Jahr 2010 einschätzt, hofft Berlin auf ein Wachstum von mindestens 3,5%. Auf deutscher Seite ist dieses Ergebnis die stärkste Wachstumsquote seit 1991.
Der spürbare Aufschwung der deutschen Wirtschaft lässt sich nicht nur durch den Dynamismus der nationalen Ausfuhren erklären: er ist auch –und eigentlich vor allem- die logische Folge des Aufschwungs der inneren Nachfrage. Das Argument, das üblich benutzt wird, um die Umständen des deutschen wirtschaftlichen Wiederbeginns in Misskredit zu bringen, hat seinen Sinn verloren: laut diesem Argument heißt es, dieser Wiederbeginn sei zu Gunsten der ausländischen Märkten und zum Schaden der deutschen Konsumenten geleitet worden. In Hinblick auf die baldige Feierperiode ist die deutsche Nachfrage von Detailprodukten erfreulich dynamisch. Dies wurde vor einigen Tagen und nicht ohne Stolz von dem Bundeswirtschaftsminister Rainer Brüderle betont.

Im Allgemeinen unterscheidet sich Deutschland durch diesen Wachstum von dem wirtschaftlichen Zustand der anderen Mitgliedstaaten der EU; dieser Unterschied verrät, dass die Entwicklung des deutschen brutto Inlandprodukts heute weniger von der wirtschaftlichen Aktivität der Nachbarländer als von der asiatischen Nachfrage abhängt. Nicolas Sarkozy (der französische Präsident), Christine Lagarde (die französische Wirtschafts- und Finanzministerin) und die 7 anderen begleitenden Minister befanden sich deswegen in einer unbequemen Lage gegenüber ihren deutschen Kollegen.

 

Ein Ministerrat der politischen Einigung

Trotz dieser politischen und wirtschaftlichen Unebenheit ist dieser Ministerrat zum wahren deutschen-französischen Konvergenzgipfel geworden. Er hat der Kanzlerin und dem Präsidenten die Gelegenheit geboten, sich in Hinblick auf den europäischen Rat des 16. Dezember in Brüssel über einige äußerst wichtige gemeinschaftliche Dossiers zu einigen. Sie haben sich zum Beispiel über die Gründung und den Betrag des Europäischen Fonds zur Förderung der finanziellen Stabilität (EFFFS) sowie über die Nicht-Wünschbarkeit der Ausgabe von Euro-Obligationen geeinigt. Neben diesen zwei eiligen Dossiers haben sie auch mehrere bilaterale Fragen besprochen, wie zum Beispiel die Frage der Steuerkonvergenz zwischen ihren beiden Ländern.

Für das Elysée war dieses Treffen die Gelegenheit, Deutschland zu beruhigen, nachdem Berlin seinem französischen Partner vorgeworfen hat, keine dynamische und mutige Stellungen zum Thema ‚Behandlung der Wirtschaftskrise‘ zu nehmen. Die Süddeutsche Zeitung hatte zum Beispiel in ihrer Ausgabe des 9. Dezember den Mangel an von Herrn Sarkozy ausgeübten Impulsen und das außergewöhnliche Schweigen des Präsidenten des G20 beklagt.

Seinerseits sah Berlin diesen Ministerrat als eine Gelegenheit, um den politischen Einfluss Deutschlands auf der europäischen Ebene zu stärken. Diese Strategie hat nicht allen Akteuren der Debatte gefallen. Jean-Claude Junker, Präsident der Eurogruppe, hat zum Beispiel sofort das erneute ‚anti-europäische‘ Benehmen von Deutschland angeprangert (nachdem Angela Merkel die Ausgabe von Euro-Obligationen gnadenlos ausgeschlossen hat).

Die Neugeburt des deutsch-französischen Paares nach einer Turbulenzphase ?

Trotz dem gespannten politischen Kontext haben Paris und Berlin sehr deutlich versucht, die treibende Rolle des deutsch-französischen Paares wiederherzustellen. Nach den tiefen Diskrepanzen zwischen den zwei Hauptstädten über eine Reihe von europäischen Fragen (wie die Frage der finanziellen Solidarität innerhalb der Euro-Zone) hat dieser Ministerrat als Versöhnungstreffen gewirkt, da jeder Partner die Einsätze des Treffens äußerst ernst genommen hat. ‚Europa stoßt auf große Herausforderungen, und die ausländischen Beobachter schauen uns zu und überprüfen die Reaktionsfähigkeit des deutsch-französischen Paares“ hat Laurent Wauquiez (der vor kurzem genannte französische Minister für europäische Angelegenheiten und Generalsekretär für die deutsche-französische Zusammenarbeit) der Öffentlichkeit erklärt.

In dieser Hinsicht ist die Versöhnung, die im Rahmen dieses Ministerrats in die Wege geleitet worden ist, beruhigend und stimulierend, und dies aus zwei Gründen. Einerseits ist dieses bilaterale Treffen der Nachweis der erneuten Fähigkeit von Frankreich und Deutschland, ihre wirtschaftlichen Unterschiede zu überwinden, um neue gemeinsame politische Initiativen zu bestätigen. Andererseits kann man hoffen, dass der deutsch-französische Dynamismus aktiv und erfolgreich zu der Lösung der EU-Haushaltskrise beitragen wird. Bis jetzt sind sich die zwei Hauptstädte auf eine grundlegende Idee einig geworden: man muss nicht mehr Geld ausgeben, sondern das Geld besser ausgeben. Warum könnte diese Einigung nicht der erste Schritt in Richtung einer deutsch-französischen Lösung zur Haushaltskrise sein?

 
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